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La Corse, île aux paysages sublîmes, ne se livre pas d'elle-même. Il faut la courtiser et apprendre à la connaître pour espérer un jour l'apprivoiser et être adopter par ses habitants. Les Grecs avaient baptisé cette île "Kallisté" : la plus belle.
Le doigt de Dieu La côte ouest, certainement la plus belle, est exposée aux vents dominants, creusée de golfes profonds. Elle est la plus découpée de l'île. Mais le Cap Corse est la région la plus contrastée et mérite plus que tout autre l'appellation de montagne dans la mer. Sur ses 40 km de long, ce n'est qu'une succession de montagnes recouvertes de maquis qui dégringoles dans la mer. "Sa colonne dorsale, orientée vers le nord, pointe vers le continent. Ce doigt de Dieu, comme l'appelaient les anciens, semble désigner le continent..." Une route permet de faire le tour du Cap, épousant les méandres du littoral. Les criques qui s'y succèdent font penser à un véritable havre de paix. Le temps semble s' y être arrêté, n'offrant aucune prise aux promoteurs, grands pourvoyeurs de béton. Hors du temps C'est sur la côte est, bien à l'abri des vents, que se sont développées la plupart des criques du Cap Corse, en particulier Erbalunga et Sisco. La population, groupées en hameaux ou en villages de pêcheurs, pratique la polyculture avec ses vignobles réputés et l'élevage. Construit en amphithéatre et ceint de cultures en terrasses, Rogliano garde la solennité des villages d'antan. Autour, s'étend le maquis auquel les habitants ont disputé leurs pâturages et leurs vignes aux grappes dorées. Il se situe au dessus de Macinaggio, et on l'atteint par une route secondaire. "Autrefois, nous confie Nino, ce lieu magique était économiquement aisé. En témoigne encore un couvent, plusieurs églises, les ruines d'un château et une tour génoise". C'est dans ce petit village que nous passons notre première nuit en terre corse. Un désert... sans un grain de sable ! Pour cette deuxième journée, nous partons cheminer dans le... Désert des Agriates. Malgré son nom, celui-ci ne contient pas un seul grain de sable. "Avant de devenir un désert, cette région a été longtemps considérée comme un grenier à blé pour les communautés voisines mais aussi pour Gênes, qui ne possédait pas sur le continent d'arrière-pays agricole assez développé explique notre guide. Et, devant nous, nous avons une magnifique pagliaddiu. Ce sont des maisons de pierres sèches qui servaient, quelle que soit la saison, à assurer l'hébergement, stocker le blé, le foin ou encore les outils ". Après deux heures de marche, nous posons nos sacs à l'intérieur des 4x4 puis nous redescendons, direction l'Ile Rousse. C'est une ville sur la côte de la Balagne. Son nom ? " Il vient des rochers de granit de l'île de la Pietra, juste au nord de la ville ". Sur les hauteurs de la Balagne intérieure, se trouvent les villages médiévaux, accrochés à des éperons rocheux. Guido nous invite à visiter l'un d'entre-eux : Pigna. Ce magnifique village abrite une communauté d'artisans et de musiciens et a été restauré selon les techniques anciennes que les maçons se sont réappropriées : terre glaise alliée au tuf. Pour nous imprégner de cette atmophère authentique, nous flânons dans les ruelles pavées, parfois aux marches étroites et longues comme le pas d'une mule. Elles se croisent et se perdent dans un enchevêtrement qui, toujours, ramène à la piazza a Chjescia, la place de l'Eglise. Une longue balade contemplative, histoire de s'ouvrir aussi l'appêtit pour déguster quelques unes des spécialités. Un véritable bonheur. Nous redescendons ensuite sur l'Ile Rousse pour passer la nuit avant de filer le lendemain vers les gorges de Restonica. Une véritable merveille engendrée par Dame Nature. |
Un p'tit tour en micheline |
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