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Numéro 43 - Du 18 avril au 2 mai 2007
HUMEUR VAGABONDE
renvoi article précédentArticles précédents N° 42 -Bulgarie, terre de tous les contrastes

La vallée de Restonica
Située au coeur de la Corse et du parc régional, la vallée de Restonica, lieu unique classé en 1996, abrite une grande partie des lacs de montagne.
Partant de Corte, la route étroite et sinueuse épouse le relief de la montagne et se termine aux bergeries de Grotelles à 1 375 m. C'est là que la route s'arrête. Il faut donc continuer à pied pour accéder à la haute vallée, puis encore plus loin, au lac de Mélo. Il fait partie d'un chapelet de lacs d'altitude qui entoure le Monte Rotondo. Pour la petite histoire, le lac de Mélo est gelé jusqu'à six mois par an. Alimenté par le ruisseau provenant du lac de Capitello, il possède une superficie de 6,2 hectares avec une profondeur maximale de 16 mètres. Il fait partie des sept lacs du Rotondo.
Le lac de Capitello
Le lac de Capitello
Nous poursuivons notre escapade vers le lac de Capitello, situé à 1 930 mètres. "C'est le quatrième lac naturel de montagne de par sa superficie nous indique Guido. Il couvre près de 5,5 hectares. C'est aussi le plus profond". Il est entouré de grandes aiguilles de roches grises, atteignant les 2 000 mètres et tombant à pic dans le lac. Ces aiguilles impressionnantes rendent sans aucun doute le décor d'une froideur incroyable mais d'une telle beauté que les longs moments de marche sont vite oubliés. L'ascension représente une dénivelée de 500 mètres mais ne présente pas de grosses difficultés. Nous parcourons la distance en trois heures...

Les sites archéologiques
Dans le sud, au cœur de la Corse granitique, la roche garde précieusement la trace de civilisations perdues. Dans la vallée du Taravu, existe une multitude de stantari (menhirs) et de stazzone (dolmens). Mais les menhirs et les statues-menhirs ne sont pas spécifiques à la Corse, puisqu'on les retrouve aussi bien en Sardaigne que dans le sud de la France ; leur grand nombre fait de la Corse la première région méditerranéenne de la statuaire mégalithique (du grec mega grand et lithos pierre). ceux de la région au sud de Sartène valent le détour.

Pour se rendre aux autres sites préhistoriques, comme à celui du Dolmen de Fontanaccia et des alignements de Renaggiu, il faut grimper sur une échelle en bois construite entre deux branches maîtresse d'un chêne-liège, puis pour les plus courageux traverser un champ de vaches.... Le Dolmen de Fontanaccia est construit sur une petite éminence, au pied de la colline d'U Gregu ; il est appelé localement "Stazzona di u diavulu" (forge du diable). Il est le mieux conservé des dolmens corses, constitué par une dalle de couverture monolithique reposant sur six montants, d'un poids total d'environ quinze tonnes.

Guide pratique
- S
e rendre en Corse : A/R Paris-Toulon, à partir de 50 €, puis A/R bateau Toulon-Bastia à partir de 76 €
www.voyage-sncf.fr www.corsicaferries.com
- Partir avec : Air France : 0 820 820 820 (0,12 Euro TTC/mn) mais également avec Air Corsica www.aircorsica.com
- Séjours :
Couleur Corse propose pour tous les amoureux de la nature des séjours d'une semaine
www.couleur-corse.com
- Parc naturel régional de la Corse : Toutes infos sur le parc, le GR 20 et les prestataires de services.
Tél : 04-95-51-79-10. www.parc-naturel-corse.com
- Agence du tourisme de la Corse
www.visit-corsica.com
 
Texte : Alexandre CHEVANT
Photos : Serge KLEBAIRT
Une terre aux
traditions
bien ancrées

La Corse, île aux paysages sublîmes, ne se livre pas d'elle-même. Il faut la courtiser et apprendre à la connaître pour espérer un jour l'apprivoiser et être adopter par ses habitants. Les Grecs avaient baptisé cette île "Kallisté" : la plus belle.
 
buvette
Les traditions ont été perpétuées sur l'ensemble
de l'île, en particulier à l'intérieur des terres où il
n'est pas rare de découvrir de petites auberges
qui propose de déguster des produits locaux.
A peine débarqué en Corse, la surprise est de taille. Cette île ne ressemble pas à l'idée que l'on peut se faire des îles méditéranéennes. Avec son Parc naturel régional qui s'étire de part et d'autre de la chaîne montagneuse, entre Calvi et Porto-Vecchio et son Parc marin international, cette terre reste une île largement préservée. Mais c'est la montagne qui donne à la Corse sa physionomie si particulière. Avec près de 1 700 sommets, culminant de 300 à 2 710 m d'altitude, elle conditionne en les séparant par deux dépressions, deux territoires de superficie et de nature différentes. "La richesse du paysage rend toute tentative de description fort malaisée" explique Nino, un italien venu s'exiler en terre corse depuis sa plus jeune enfance. Ici on dit que la montagne tombe dans la mer ".

Le doigt de Dieu
La côte ouest, certainement la plus belle, est exposée aux vents dominants, creusée de golfes profonds. Elle est la plus découpée de l'île. Mais le Cap Corse est la région la plus contrastée et mérite plus que tout autre l'appellation de montagne dans la mer. Sur ses 40 km de long, ce n'est qu'une succession de montagnes recouvertes de maquis qui dégringoles dans la mer. "Sa colonne dorsale, orientée vers le nord, pointe vers le continent. Ce doigt de Dieu, comme l'appelaient les anciens, semble désigner le continent..." Une route permet de faire le tour du Cap, épousant les méandres du littoral. Les criques qui s'y succèdent font penser à un véritable havre de paix. Le temps semble s' y être arrêté, n'offrant aucune prise aux promoteurs, grands pourvoyeurs de béton.

Hors du temps
C'est sur la côte est, bien à l'abri des vents, que se sont développées la plupart des criques du Cap Corse, en particulier Erbalunga et Sisco. La population, groupées en hameaux ou en villages de pêcheurs, pratique la polyculture avec ses vignobles réputés et l'élevage. Construit en amphithéatre et ceint de cultures en terrasses, Rogliano garde la solennité des villages d'antan. Autour, s'étend le maquis auquel les habitants ont disputé leurs pâturages et leurs vignes aux grappes dorées. Il se situe au dessus de Macinaggio, et on l'atteint par une route secondaire. "Autrefois, nous confie Nino, ce lieu magique était économiquement aisé. En témoigne encore un couvent, plusieurs églises, les ruines d'un château et une tour génoise". C'est dans ce petit village que nous passons notre première nuit en terre corse.

Un désert... sans un grain de sable !
Pour cette deuxième journée, nous partons cheminer dans le... Désert des Agriates. Malgré son nom, celui-ci ne contient pas un seul grain de sable. "Avant de devenir un désert, cette région a été longtemps considérée comme un grenier à blé pour les communautés voisines mais aussi pour Gênes, qui ne possédait pas sur le continent d'arrière-pays agricole assez développé explique notre guide. Et, devant nous, nous avons une magnifique pagliaddiu. Ce sont des maisons de pierres sèches qui servaient, quelle que soit la saison, à assurer l'hébergement, stocker le blé, le foin ou encore les outils ". Après deux heures de marche, nous posons nos sacs à l'intérieur des 4x4 puis nous redescendons, direction l'Ile Rousse. C'est une ville sur la côte de la Balagne. Son nom ? " Il vient des rochers de granit de l'île de la Pietra, juste au nord de la ville ".

Sur les hauteurs de la Balagne intérieure, se trouvent les villages médiévaux, accrochés à des éperons rocheux. Guido nous invite à visiter l'un d'entre-eux : Pigna. Ce magnifique village abrite une communauté d'artisans et de musiciens et a été restauré selon les techniques anciennes que les maçons se sont réappropriées : terre glaise alliée au tuf. Pour nous imprégner de cette atmophère authentique, nous flânons dans les ruelles pavées, parfois aux marches étroites et longues comme le pas d'une mule. Elles se croisent et se perdent dans un enchevêtrement qui, toujours, ramène à la piazza a Chjescia, la place de l'Eglise. Une longue balade contemplative, histoire de s'ouvrir aussi l'appêtit pour déguster quelques unes des spécialités. Un véritable bonheur. Nous redescendons ensuite sur l'Ile Rousse pour passer la nuit avant de filer le lendemain vers les gorges de Restonica. Une véritable merveille engendrée par Dame Nature.


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