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Numéro 43 - Du 18 avril au 2 mai 2007
HUMEUR VAGABONDE
renvoi article précédentArticles précédents N° 43 - La Corse, île mystérieuse et envoûtante

Des villages hors du temps
La Tunisie recèle des lieux insolites inestimables, loin de la foule traditionnelle des touristes. Des endroits à vous couper le souffle qui vous transporter loin de la civilisation.

Des tissus de couleurs vives qui flottent dans le vent. Un horizon de roches, des constructions isolées qui se fondent dans la montagne. Le ciel bleu par-dessus, avec ses nuages fins qui dessinent des lettres invisibles. Le village pourrait être au pied du toit du monde. Mais non, il se dresse sur les contreforts de l’Atlas dans le Sud tunisien. De loin, on ne devine rien. L’oasis est cachée en contrebas, le long de la rivière qui a creusé son lit dans la paroi rocheuse.
Tissus au vent
De près, les ruines des maisons n’affichent pas leur âge. Elles sont abandonnées depuis les averses diluviennes de 1969 mais elles donnent l’impression d’être là depuis bien longtemps. Le site est habité depuis l’époque néolithique. Et les pierres disent une histoire où les hommes n’ont pas toujours été présents. Des coquillages fossilisés affleurent sur la montagne : un fond sous-marin dégagé de l’eau par la percée de l’Atlas. Un morceau d’océan datant de 90 millions d’années.

Les canyons : un décors extraordinaire
Il ne faut pas des heures de route pour y arriver. On n’y est pas guidé par des pancartes, des sens de visite, mais on vous dira quand même où se trouve l’endroit le plus accessible pour prendre vos photos sous le meilleur angle.

Juste à côté du canyon, dressé sur un éperon rocheux, il y a un village qui n’a pas été construit pour accueillir les touristes. Sur le terre-plein, en contrebas, sont installés des stands de souvenirs : morceaux de roche, poteries, tissus à nouer en écharpe, en chèche ou à détourner en paréo. En face, le canyon de Midès : le décor du Patient anglais. Une spirale multicolore creusée par la rivière, ébréchée au sommet par l’érosion et peinte par l’action de l’air de teintes qui varient du crème au rouge profond. A voir le soir, juste avant le coucher du soleil. Par temps clair, c’est un spectacle de plein écran. Un feu d’artifice naturel où les différentes strates du canyon vibrent les unes contre les autres. Dès que le soleil est passé de l’autre côté de la montagne, les couleurs s’éteignent. Jusqu’au lendemain. Un vrai bonheur pour l'esprit.

Guide pratique
- Partir avec : Le plus rapide et le moins onéreux est de prendre l'avion pour vous rendre à Tunis. Tunis se trouve à seulement 2h20 de vol de Paris.
Il y a de nombreux vols au départ de Paris. Air France et Tunis Air proposent des liaisons quotidiennes entre les deux capitales. D'autre part, vous pourrez aussi partir des grandes villes de province : Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nice, Strasbourg et Toulouse.
www.airfrance.com www.tunisair.com
- Séjours :
Renseignez-vous sur les formules tout compris des voyagistes qui sont souvent très compétitives. Possibilité de partir en liberté et de s'attacher les services d'un guide sur place.
- Informations pratiques : pour tout savoir avant de partir
www.tourisme.itunisie.com

- Office de tourisme tunisien : pour préparer en quelques clics votre voyage en terre tunisienne
www.tunisietourisme.com
La réhabilitation des “Ksours”

Dans de nombreuses régions, les "Ksours" font l'objet d'une attention particulière par le ministère du tourisme tunisien. Ce qui était considéré hier comme un mirage utopique, est entrain de devenir aujourd'hui une vraie réalité économique.
 
Ksar à Douiret
Plus proche de la côte, sur la route de Médenine, le pittoresque bourg de Métameur abrite là-haut sur sa colline un hôtel « ghorfa » aux murs voûtés d'un blanc immaculé. Utilisés par les nomades dès le XIVe siècle, les greniers ont donné du grain à moudre au propriétaire qui, là encore, en a fait des alcôves pour les touristes de passage : « Actuellement, nous disposons d'une capacité de 7 chambres. Les agences de voyages commencent à nous envoyer des clients mais l'endroit attire surtout les randonneurs qui se déplacent en moto, à vélo et en 4x4 », confie Hachim Drifi. Propre, calme et frais, ce « Ksour » alimenté en eau et en électricité pratique la formule demi-pension (10 € la nuit).

Un vaste pôle
touristique et culturel

Avec ses 700 « ghorfa » datant de 1903, Ksar Ouled Debbab surclasse tous les autres sites en termes de superficie. Surplombant la vallée, à la sortie de Tataouine, cette imposante bâtisse décrépite était vouée à disparaître. C'était sans compter sur les desseins de Karim Cherait, dont le père, Abderazak, maire de Tozeur, est le fondateur du premier musée privé tunisien. Originaire de cette ville du Grand Sud dont la gigantesque palmeraie produit de succulentes dattes, cette famille de mécènes y a édifié, voici 15 ans, un somptueux palais recelant mille et un trésors de la civilisation tunisienne.

A Ksar Ouled Debbab, un autre mirage est en passe de devenir réalité sous l'impulsion de ces faiseurs de rêves. Objectif ? Faire de ce site un vaste pôle culturel et touristique dans l'optique de renforcer l'attractivité d'une région en manque criant d'infrastructures hôtelières avec le souci de diversifier, là encore, les modes d'hébergement. « Toutes catégories d'hôtels confondues, la zone dispose d'à peine 600 lits alors qu'elle draine environ 400.000 visiteurs par an », analyse Karim Cheraït, promoteur du projet. . Depuis juin 2006, une trentaine d'appartements sont commercialisés au coeur de ce « Ksar » : les chambres (4 étoiles) offrent un confort de haut standing (TV, mini-bar, climatiseur, douche) et les studios les plus luxueux sont dotés d'une cuisine et de lignes internet à haut débit. Cerise sur le... capot, les adeptes de raids mécaniques dans le désert bénéficient d'un garage d'entretien

Un parcours scénographique
Au printemps 2007, la capacité d'accueil s'est étoffé de 200 chambres supplémentaires réparties dans un complexe hôtelier (4 étoiles) incluant un centre de balnéothérapie avec hammam. « L'enjeu est de respecter le cachet historique du Ksar en privilégiant les matériaux d'origine mais tout en donnant l'impression qu'il a été épargné par l'usure du temps. » Parallèlement, les concepteurs ont eu l'audace d'intégrer des équipements modernes, à l'image des sanitaires, dont le style hyper design sur fond de murs rouge écarlate ne dépayserait pas Philippe Starck; himself ! Gardée par deux ideuses répliques de dinosaures semblables à ceux qui peuplaient autrefois ces contrées, l'enceinte est accessible au public. Depuis fin 2005, on peut y découvrir une magnifique collection d'objets d'art islamique (tableaux, bijoux, coffres, vêtements traditionnels) au coeur d'une galerie décorée par des spécialistes de la calligraphie et des arabesques. La visite est couplée à un parcours scénographique déclinant, par le biais d'effets visuels et sonores, la thématique des Ksour et celle des animaux préhistoriques. « L'idée est de faire revivre le Ksar avec des figurants qui réactualisent d'anciens métiers spécifiques à ce terroir. »

L'exploitation du site englobe des boutiques artisanales, un restaurant proposant une cuisine raffinée à base de spécialités locales et un café « Maure » agrémenté d'une terrasse panoramique sur la vaste plaine. « Le projet a été conçu pour une clientèle sportive plutôt adepte d'aventure que de bronzette. La réhabilitation des Ksour s'y prête fort bien même si celle-ci se heurte au fait qu'il s'agit de biens collectifs pour lesquels la notion de propriété est très ambiguë », explique Nejib Balti, directeur commercial du nouveau complexe de Ksar Ouled Debbab.

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