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Numéro 48 - Du 27 juin au 10 juillet 2007
DIETETIQUE
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L'abricot :
un fruit provitaminé par excellence

 

ABRICOTS DANS L'arbre
© Photo : Agence Canal Press

L’abricot est un fruit tout à fait intéressant pour la couverture du besoin vitaminique : 100 g, soit deux petits abricots, fournissent 1,5 à 3 mg de provitamine A, ce qui correspond pratiquement à 50 % de l’apport conseillé pour l’adulte. Intérressant, non ?
onglet lire la suite Par Isabelle HUMBLOT, diététicienne

L’abricot représente une source remarquable de provitamine A (ou carotène), qui se transforme dans l’organisme en vitamine A. Cette vitamine est nécessaire à la croissance, au bon état de la peau et des muqueuses, ainsi qu’à la vision crépusculaire. Elle possède des propriétés détoxicantes et anti-oxydantes reconnues, et joue un rôle efficace dans la protection contre le cancer et le vieillissement cellulaire. Elle augmente également la résistance aux infections. Son action est donc précieuse et diversifiée. L’abricot est un fruit tout à fait intéressant pour la couverture de ce besoin vitaminique : 100 g (2 petits abricots) fournissent 1,5 à 3 mg de provitamine A, ce qui correspond pratiquement à 50 % de l’apport conseillé pour l’adulte.
A noter que la grossesse, la prise de pilule contraceptive, l’usage du tabac augmentent le besoin de vitamine A et de provitamine A. Dans tous ces cas, la consommation d’abricot s’avère particulièrement utile.

Une très bonne recharge minérale
Avec l’abricot, on bénéficie d’un apport très important de potassium : 315 mg aux 100 g (le besoin minimal est estimé à 500 mg/100 g, et la consommation habituelle moyenne à 2 ou 3 mg). Egalement appréciable, la fourniture de fer (0,4 mg/100 g ; AJR* 10 à 18 mg), de cuivre (0,12 mg/100 g ; apport journalier recommandé 2,5 mg), de magnésium (11 mg/100 g ; apport journalier recommandé 330 à 420 mg). Tous ces minéraux sont à privilégier chez ceux qui ont une activité musculaire élevée, en particulier les sportifs. L’abricot (frais ou séché, d’ailleurs) constitue pour eux un fruit très bien adapté à leurs besoins. Il contribue à la recharge minérale avant la compétition (recharge d’autant plus nécessaire que l’effort est intense, prolongé, et qu’il fait chaud) ; il s’intègre utilement à la ration de récupération (qui doit être riche en potassium, pour permettre une bonne élimination des toxines de fatigue).

Une excellente digestibilité
Lorsqu’il est consommé “mûr à point”, l’abricot est un fruit délicieux et parfaitement digeste. Son assimilation est favorisée par sa consistance tendre et moelleuse, et par sa saveur légèrement acidulée qui stimule les sécrétions gastriques. Ses fibres, très bien tolérées, sont bénéfiques pour le fonctionnement intestinal (les pectines, abondantes, ont des vertus régulatrices sur le transit : elles aident à lutter contre une paresse intestinale, et sont bien supportées même des intestins sensibles).
 

L’abricot fait d’ailleurs partie des premiers fruits que l’on peut servir aux bébés : tout d’abord poché et finement passé, puis simplement écrasé (et éventuellement mélangé à un petit suisse ou à du fromage blanc).

L’apport énergétique de l’abricot ne dépasse pas 47 kcalories aux 100 g (soit 196 kJoules). Ainsi, un abricot de taille moyenne pesant 65 g (ce qui donne un poids net comestible de 60 g) fournit moins de 30 kcalories !
Cette énergie est apportée essentiellement par les glucides (4 kcalories au gramme) et les acides organiques (2,4 kcalories au gramme d’acide maligne). Les autres constituants énergétiques (protides et lipides) ne sont présents qu’en faibles quantités (respectivement 0,8 g et 0,1 g pour 100 g d’abricot).

Bien les choisir

Les fruits des meilleures variétés d’abricots se trouvent rarement frais en dehors de leur aire de production, car ils résistent mal aux nombreuses manipulations requises au moment de l’entreposage et du transport de longue distance. Les fruits en conserve ou séchés sont donc souvent plus savoureux du fait qu’ils sont récoltés à pleine maturité et qu’ils proviennent de variétés plus goûteuses.

C’est également le cas pour les jus. L’abricot frais devrait être le plus mûr possible, car une fois cueilli, il ne mûrira pas davantage. Le choisir souple au toucher, coloré, parfumé et à la peau lisse, signes de maturité. Évitez les fruits présentant des taches verdâtres. On trouve de l’huile vierge d’abricot dans les magasins de produits naturels.

Vous saviez que...
Les textes d'Égypte et de Babylone, la Bible, ne font aucune mention de l'abricot. Selon Pline l'Ancien, l'abricotier serait originaire de Mongolie d'où les caravanes chinoises l'auraient apporté jusqu'au royaume des Parthes sur les bords de la mer Caspienne. Là, il serait devenu l'arbre emblématique de l'Arménie et se serait répandu en Europe, d'où son nom scientifique d'espèce : "armeniaca". Sa culture se propagea d'Arménie en Grèce, puis en Italie vers le milieu du Ier siècle de notre ère.

Romains et Arabes l'emportèrent ensuite dans leurs bagages de conquérants. Son fruit est symbole du sexe féminin. On raconte qu'Eudoxie, impératrice d'Orient, scandalisait l'Église byzantine par son luxe et ses débauches ; lorsqu'elle exila de Constantinople le patriarche Jean Chrysostome, le peuple assiégea son palais et le bombarda... d'abricots.

À la Cour de France, le rébus, déjà à la mode durant toute la Renaissance, devint une véritable manie sous le règne d'Henri III : "mignons" et duchesses rivalisaient d'esprit pour y introduire le mot abricot à des fins de marivaudage d'un goût souvent assez douteux. Finalement la Reine se fâcha et fit interdire l'emploi du nom de ce fruit. D'innombrables recettes de charmes ou de philtres incluent pulpe ou essence d'abricot pour susciter la passion amoureuse.

Ce sont les fruits et leur amande que l'on emploie pour des pratiques tant médicinales, qu'alimentaires ou magiques. Les médecins arabes prescrivaient l'huile extraite des noyaux d'abricot pour soigner les hémorroïdes, les maux de nez et d'oreille. Dans la pratique populaire on l'utilise bien mûr en masque de beauté reconstituant, nourrissant et adoucissant




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