Bon à savoir Aucune expérience n’est requise pour la plongée sous glace à Orcières. Le centre Oser Plonger de Rodolphe Doubleau reçoit 50 % de demandes de baptême. Pour les initiés à la plongée l’expérience de l’immersion sous glace est intéressante à plus d’un titre parce qu’elle engage plusieurs contraintes. L’altitude d’abord où l’on respire plus difficilement et où le moindre effort prolongé peut provoquer un essoufflement. L’utilisation de la combinaison étanche ensuite qui est un équipement technique supposant une bonne maîtrise de l’équilibre et l’obscurité enfin qui peut être facteur d’anxiété. Ces paramètres n’interviennent pas dans les baptêmes où l’on est maintenu et accompagné en permanence par un moniteur.
L’hiver, dans les Hautes-Alpes, le bonheur n’est pas dans le pré mais en marge des pistes de la station d’Orcières 1850. Les amoureux de sensations fortes y connaîtront, avec la plongée sous glace, des émotions autrement intenses que celles que l’on éprouve
en dévalant les pentes.
l
a « zen altitude » ici est à découvrir dans les eux froides du lac Long que l’hiver recouvre d’une épaisse calotte de glace. A 2 480 m. d’altitude se trouve le centre de plongée de Rodolphe Doubleau, un moniteur breveté d’état de plongée sous-marine qui a eu l’idée follement ingénieuse de proposer aux skieurs d’échanger leurs combinaisons de ski contre des combinaisons étanches de plongée.
Et ça marche fort. Une fois débarqués du télésiège, ces derniers, en passant près du centre de Rodolphe, freinent de leurs spatules et tombent en arrêt devant le spectacle de cosmonautes palmés attendant leur tour pour s’immerger dans l’eau à 2 ou 3° C qui s’étend sous leurs pieds. Et ils veulent essayer aussi.
Se mettre dans la peau de Jean-Marc Barr dans le Grand Bleu puis, ses palmes sous les bras, marcher sur les pas de l’homme dauphin pour s’immerger dans le décor neigeux de quelque sommet perdu de la Cordillère des Andes. Voici pour le côté fantasme.
Côté loisir, c’est Rodolphe en personne ou son assistant qui viennent vous chercher au télésiège avec une motoneige aménagée et vous emmener jusqu’au chalet chauffé à l’ambiance conviviale où aura lieu un premier briefing.
Vous vous équipez en enfilant d’abord une grenouillère en matière textile (« froid, moi ? jamais ! ») puis la combinaison étanche, véritable barriè-
-re contre l’eau qui gardera votre corps bien au chaud. De là, vous descendrez un peu plus bas sur une dalle aménagée à la surface du lac glacé où trois grosses ouvertures circulaires ont été aménagées pour la descente ou la remontée. Nouveau briefing enjoué de Rodolphe qui a toujours les mots justes pour rassurer les plus anxieux et détendre l’atmosphère.
Il vous aide à passer des gants polaires puis, par-dessus des gants étanches qui viennent se clipper sur les manches de la combinaison. Une fois équipé de la sorte, il ne vous reste plus qu'à vous asseoir au bord du puit, d'écouter les ultimes recommandations avant de faire le grand saut.
Votre voyage dans la troisième dimension durera une vingtaine de minutes, bien assuré, le long d’un fil d’Ariane, avant de retrouver le plancher des mouflons. Félicitations du coatch, une fois remonté sur la dalle, et retour au chalet pour un thé ou un café bien chauds accompagnés d’une viennoiserie, tandis que l’on vous prépare votre certificat de baptême.
Sans oublier un CD sur lequel seront gravées des photos de vous et une petite vidéo en situation de plongée, afin que le bonheur dure encore bien après cette expérience d’altitude peu commune. Vous avez alors tout le loisir de vous laisser aller sur les transats de la terrasse pour prendre le soleil ou de chausser à nouveau vos skis et dévaler les pentes de la station des images plein les yeux de votre périple dans le monde immergé du pays des neiges. Texte : Reza A. NADERI