Tradition
Si la gabare
m'était contée |
La charente est certainement
le plus beau ruisseau du royaume ! 
Henri IV
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Plaque d’auberge. 1er quart du XIXe siècle. Peinture sur zinc que l'on peut admirer au
musée de la Loire à Cosne-sur-Loire |
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Le musée des Cosne sur Loire
La réhabilitation du couvent des Augustins de Cosne et du corps de garde attenant, achevée en 1989 a permis de mettre en valeur de rares témoignages architecturaux, comme une monumentale cheminée Louis XIII ornée de rinceaux. La situation de ces bâtiments, au bord du Nohain (affluent de la Loire), coïncide précisément avec les présentations du rez-de-chaussée, entièrement consacrées au fleuve dans son cours moyen (entre Digoin et Briare).
Evoquée au travers des paysages peints par Eugène Messemin, Claude Rameau ou Rex-Barrat au début du siècle dernier, mais aussi grâce à des gravures, des faïences de Nevers, des photographies anciennes, la Loire est présente ici sous de multiples aspects. Objets quotidiens (coffres, armoire, outils…), maquettes de bateaux couvrant l’ensemble de la typologie ligérienne, tentent de faire revivre des activités disparues ou raréfiées comme le tirage de sable, la pêche professionnelle ou la batellerie.
www.mairie-cosnesurloire.fr
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Après des siècles d'utilisation commerciale et après avoir tant fait pour le développement des provinces fluvilales, les gabares renaissent sous l'impulsion des passionnés qui proposent des balades à bord
de ces embarcations hors du temps.
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ertains disent que la Loire est le plus inutile de nos cours d'eau... Est-ce bien vrai ? Jusqu'à l'arrivée du chemin de fer au milieu du siècle dernier, qui la supplanta bien vite, la Loire fut une voie fluviale majeure mettant en communication la Méditérannée avec l'océan, les villes de l'amont avec Paris et le cours de la Seine. Pendant plusieurs siècles, il a existé une véritable Marine de la Loire.
La navigation à la descente, de Roanne, Digoin et Cosne vers Orléans et Nantes, puis Paris par le canal de Briare vers Loing et la Seine, assurait surtout le transport de bois, charbons, grains, vins et autres produits manufacturés...
Les chalands à la descente ou avalands étaient construits en sapin à Saint Rambard d'où leur nom de sapine ou Saint Rambertes. Bateaux sans mât ni voile, ils dévalaient dans le courant, pilotés à l'aide de bâtons de quartiers.
Pour la navigation à la remonte, les chalands ou gabares construits en chêne avec mât, voile et grand gouvernail appelé la piautre, faisaient plusieurs allers-retours au long du fleuve. Ils étaient attelés du plus gros en tête, la mère, au plus petit pour ne pas se déventer.
C'était une navigation de solidarité. On naviguait ainsi à la voile, de Nantes à Orléans, chargés de sel, de produits exotiques arrivés au port de Nantes, des vins de Touraine... A l'amont d'Orléans, le vent n'étant plus portant, on remontait alors au halage, humain le plus souvent. Les chalands de Loire étaient propulsés par la force du vent avec une voile rectangulaire.
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Les plus gros atteignaient 25 mètres de long et pesaient à vide près de 20 tonnes ! Ils pouvaient transporter plus de 80 tonnes de marchandises. Si la plupart de ces bateaux partaient vers les grands centres, certains commerçaient le long des rives, dans les nombreux ports, en vendant tissus et bien d'autres marchandises, en particulier la vaisselle en provenance de Nevers et de la région. La gabare de Charente a fortement servi à l'exportation et à la réputation du cognac. Ces bateaux si particulier ont vraiment fait partie de l'histoire de la vie de Cognac.
Avec le transports des barriques vers la mer à partir du XVIIe siècle, le fleuve et les gabares ont donc largement contribué à la renommée mondiale du vignoble de Cognac. En effet, la région doit une grande partie de sa richesse et de son renom au fleuve Charente, axe de communication privilégié.
Le plus beau ruisseau du royaume selon l'expression d'Henri IV a toujours connu la navigation grâce en particulier à son régime d'eau régulier. Il fut canalisé au XVIIIe siècle afin de le protéger des crues et des basses eaux. Les gabares, qui n'étaient pas spécifiques du fleuve Charente, ont animé Cognac jusqu'au début du XXe siècle.
Et si vous voulez connaître l'histoire des gabariers, rendez-vous à Saint-Simons. Le musée, installé dans une maison du bourg, présente l'histoire de ce village, posé sur les rives de la Charente, étroitement attachée à la construction des gabares et aux transports de marchandises sur le fleuve comme le cognac, le papier et des céréales...
Texte : Henry SALAMONE
Photos : Henry SALAMONE |

Sur la Loire, les bateaux traditionnels sont des toues cabanées. Le pêcheur, le marchand ou même le chasseur de canard, par exemple, peut se réfugier à l'intérieur de l'embarcation.
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Une gabare ancrée sur la Loire... Un coucher de soleil...une vraie image de carte postale. |
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