es Aurès. Pas facile de l’apprivoiser, ce massif… Isolé au sud de Constantine, des plissements difficilement franchissables, quelques hauts sommets creusés de vallées parallèles par des oueds : l’Aurès garde jalousement ses secrets. Les Romains l’appelaient le “bouclier d’Aurès“ car il savait faire suer les légionnaires. Selon la légende, Hercule, excédé par l’obstacle, fendit la montagne d’un coup de pied rageur pour ouvrir un passage vers le Sud creusant ainsi les gorges d’Al Kantara. La région est certes revêche. Mais parfois douce aussi. Un ensemble contrasté de sentinelles rocheuses et de vallées irriguées, dominées par des forêts de pins, des steppes et de profondes cédraies.
Aux alentours des balcons de Rhoufi, le paysage devient sauvage. Les falaises se dressent comme une forteresse à la face du désert, formant un défilé où apparaissent des vestiges de troglodytes, dont certains sont encore habités. Vu de loin pourtant, pas âme qui vive malgré la palmeraie qui serpente dans la vallée, redonnant quelques couleurs à ces terres arides. Accrochés aux parois du djebel, les villages de pisé, véritables nids d’aigles, abritent de rudes montagnards, les Chaouis. Des berbères au caractère fier, à la résistance tenace comme leurs montagnes sévères. Aujourd’hui encore ils restent fermement attachés à leurs traditions mais vous font un large sourire de bienvenue quand vous les croisez sur la route.
Des stèles funéraires
Car ici aussi, on voudrait bien en finir avec les années de lutte, mettre un bémol aux dérives religieuses. Les touristes, rares encore, apportent des notes d’espoir… Mais revenons au sujet : c’est dans ces terres intérieures que les Romains s’implantent pourtant, fondant des villes, établissant des légions, faisant fructifier les ressources naturelles et assurant un barrage protecteur pour la côte contre d’éventuelles rébellions venues du Sud. Ils font édifier un réseau de fortifications autour de Biskra et de Lambèse pour lutter contre les révoltes, il est vrai fréquentes.
La Pax romana s’instaure peu à peu entre populations immigrées, soldats vétérans et berbères. Ils cohabitent plutôt en bonne intelligence sur des terres où ils font pousser la vigne et l’olivier. Comble d’honneur, en 212 ap. JC, Caracalla accorde le statut de citoyen romain à tous les hommes libres. La preuve, certaines stèles funéraires où figurent les noms de magistrats et de décurions d’origine berbère.
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La mosaïque, un art majeur
de l’Algérie antique
Qui sait que les Numides furent dans ce domaine des artistes hors pair ? Pour vous en convaincre, entrez dans les musées de Lambèse, de Timgad, de Sétif ou de Djemila. Ils ne paient pas de mine par manque de moyens mais vous serez surpris par la beauté des mosaïques qu’ils renferment. Disposées verticalement après avoir été déposées pour sécurité, il faut, bien sûr, les imaginer décorant les sols des maisons patriciennes. Une façon en somme de montrer sa réussite aux yeux des visiteurs dès l’entrée. En majorité réalisées avec des éclats de pierre bruns, rouges, ocres, leurs tonalités sont en harmonie avec les paysages environnants.
Certaines peuvent offrir des teintes plus vives encore, à Timgad en particulier qui se distingue par la polychromie de ses motifs floraux. Chaque ville arbore son propre style et ses thèmes favoris : des scènes de jeux, de chasse ou de bataille. Ou bien des sujets animaliers. Mais il est une constante dans la mosaïque romaine, sur tout le pourtour méditerranéen d’ailleurs : la mer. Représentée de façon naturaliste, avec ses barques et ses poissons, mais aussi mythologique avec dieux, nymphes et monstres marins.
Une façon sans doute de créer une impression de fraîcheur dans ces régions très chaudes. « La Mosaïque des Néréides de Lambèse est un chef d’œuvre de la mosaïque africaine. Sa facture est d’une qualité esthétique et technique exceptionnelle », affirme Roger. Une autre, “Le triomphe de Neptune et d’Amphitrie“, trouvée à Constantine, est aujourd’hui au musée du Louvre. |
CARNET PRATIQUE
Y aller : Via Nostra : voyages culturels avec conférencier, en groupe ou sur mesure.
Tél. : 05 61 55 24 80 www.vianostra.fr
Allibert : une dizaine de voyages en Algérie, de 8 à 22 jours, sur des itinéraires variés.
Tél. : 0825 090 190 www.allibert-voyages.com
Web malin: : site officiel de l’Office national du tourisme www.onat-dz.com
Revue de presse régulière sur l’évolution du pays www.algeria-watch.de
A noter : Formalités : passeport valable 6 mois après le retour. Visa obligatoire (33 euros). Santé : aucune vaccination obligatoire. Ambassade d’Algérie : 50, rue de Lisbonne, 75008 Paris
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