CARNET PRATIQUE
Partir
- Point Afrique a repris ses rotations Paris-Atar. Il propose 1 vol/semaine. A partir de 471 € A/R, chaque dimanche.
- Bon à savoir : éviter les arrivées à Nouakchott : trop de route pour se rendre dans l’Adrar.
www.point-afrique.com
- Il est recommandé de choisir un tour-opérateur qui propose des circuits de découverte de l’Adrar.
- Un bon conseil : Hommes et Montagnes
- “Chinguetti et les palmeraies de l’Adrar mauritanien“, 8 jours à partir de 1130 €.
Découverte des multiples palmeraies et villages de sédentaires jalonnent les rives des oueds
- “Adrar, terre de contrastes“. 10 jours à partir de 1680 €
Les contrastes entre l’austérité du Guelb er Richat et la douceur alanguie des dunes de l'erg Maqteïr sont saisissants…
www.hommes-et-montagnes.fr

© Catherine GARY |
Préparer son séjour
La meilleure période pour découvrir la région de l’Adrar est d’octobre à avril pour éviter les trop fortes chaleurs. Sachez cependant que les écarts de température peuvent être importants et les soirées fraîches.
- Un conseil : L'ouguiya est une monnaie non convertible, créée en 1972. Vous ne pouvez donc changer qu'en Mauritanie et, en principe, vous ne devez pas exporter des ouguiyas. Le contrôle des changes est officiellement toujours en vigueur, mais, en pratique, il est inexistant. Pour info, 1 € = 333 UM. Pour être au plus près de la réalité, consultez le site www.oanda.com
Côté formalité...
- Un passeport, le carnet de vaccinations (vaccin contre la fièvre jaune) et un visa d'entrée sont nécessaires pour aller en Mauritanie. Il faut déposer au consulat le billet d'avion aller-retour, deux photos, le passeport en cours de validité et 62,50 € en espèces pour un visa de 1 à 3 mois, ou 125 € pour une durée plus longue. Le délai d'obtention est de 48 h.
- Consulat de Mauritanie, 89, rue du Cherche-Midi. 75006 Paris
Tél. : 01 45 04 88 54
Téléphone / Internet
- Pour téléphoner de la Mauritanie vers la France, il faut composer le 00 + 33 + le numéro du correspondant sans le 0 initial. Si vous souhaitez utiliser votre portable (option monde activée), vous pouvez considérer l'achat d'une puce locale : 500 UM (1,50 €).
Les cybercafés se déploient de manière encore timide à Atar alors qu'ils sont légions à Nouakchott, (connexion ADSL) ainsi qu'à Nouadhibou.
Gastronomie
- La cuisine du désert est à base de viande de mouton, de chèvre ou de dromadaire. Le plus souvent accompagnée de riz ou de couscous. Les dattes sont très appréciées et conservées toute l’année.
-
La boisson traditionnelle, le zrig, du lait de dromadaire, est désormais nettement concurrencé par le thé à la menthe, objet d’une véritable cérémonie. Transvasé en cascade plusieurs fois de la théière aux verres, il se déguste en tout lieu et à tout moment, très concentré
A lire
- Le Petit Futé et le Guide du Routard vous donneront de précieuses informations pratiques.
- Méharées de Théodore Monod est la meilleure introduction qui soit au désert de Mauritanie en lisant son journal de voyage sur 600km parcourus à dos de chameau et à pied dans la région. Editions Babel
- L’Adrar de Mauritanie, sur les traces de Théodore Monod, avec des photos superbes de Jean-Marc Durou qui longtemps accompagna le savant et qui est devenu l’un des plus grands connaisseurs des déserts d’Afrique.
|
|
|
Afrique
Les merveilles du
Désert mauritanien
L’Adrar demeure une destination mythique pour les voyageurs d’aujourd’hui, comme il le fut pour Théodore Monod, l’homme qui arpentait le désert les yeux au sol, et bien avant lui, pour les pèlerins vers La Mecque et les savants de Chinguetti.
Par Catherine GARY
Il est à peine 8 h quand l’avion de Point Afrique se pose en douceur à Atar après avoir survolé l’immensité blonde. Des 4X4 attendent les passagers débarrassés de leurs laines pour une découverte de l’Adrar et ses déserts de sable chahutés de plateaux tabulaires, semés d’oasis miraculeuses, de villes mythiques inscrites au Patrimoine mondial de l’Unesco. Pas très éloquente, pour un premier contact, cette ville d’Atar. Elle eut pourtant son heure de gloire. Quand les longues caravanes transsahariennes y faisaient halte, son commerce allait bon train. Elle échangeait le sel venu du Nord contre le mil cultivé dans le Sud.

© DR |

© Serge KLEBAIRT |
En 1960, après le départ des Français, elle se voyait même devenir capitale. On lui préféra Nouakchott… A proximité de la mosquée, on trouve tout, pêle-mêle, sous le marché couvert. Les chapelets de dattes, le thé vert, les épices côtoient les gandouras bleues ou blanches, les babouches et quelques objets d’artisanat. Les forgerons essaient de vous entraîner dans leur échoppe. Ils voudraient bien vous vendre quelques objets incrustés d’argent, de longues pipes en métal qu’on glisse dans des étuis en cuir finement ouvragé… Les temps sont durs depuis deux ans que les touristes se font rares. Heureusement, les affaires reprennent...
Girafes, gazelles, guépards, oryx et autres bêtes sauvages
Après plusieurs dizaines de kilomètres d’une route caillouteuse et monotone, le piton rocheux de Tamâggout annonce Akjoujt, une ancienne cité minière dont la prospérité due au cuivre appartient désormais au passé. Du cuivre, il ne reste que des amas de roches noires peu attirants pour les touristes venus à la rencontre du désert. C’est après que le paysage vers Chinguetti devient grandiose. On arrive au pied de massifs tabulaires arides qui semblent interdire tout passage. C’est compter sans les cols, parfois difficiles à trouver car l’érosion menace. Les chauffeurs ont choisi la passe de Nouatil, celle d’Amogjâr, la plus spectaculaire, étant fermée en ce moment pour cause d’éboulis et de manque d’entretien. Le col s’élève à 250 mètres à travers des canyons austères et impressionnants.

© Serge KLEBAIRT |

© Catherine GARY |
On dirait le Far West. Une fois sur le plateau, la route redevient droite et les voitures foncent à toute allure sur des kilomètres de pierraille. Un paysage lunaire qui fut pourtant fertile. Témoin le site rupestre d’Argour, découvert par Théodore Monod, le grand naturaliste, géologue et infatigable arpenteur de ce désert que le pays révère. Au milieu de nulle part, un gardien des lieux enturbanné vous ouvre une porte solidement cadenassée. Et voilà qu’apparaissent, peints à même les parois de ces abris sous roche, girafes, gazelles, guépards, oryx et autres bêtes sauvages qui vivaient dans ces plaines alors fertiles il y a plus de 8 000 ans… Tandis que le jour décline, nous approchons de Chinguetti, la ville mythique menacée inexorablement par les sables malgré son inscription depuis 1996 au patrimoine de l’Unesco. Là transitaient jadis les caravanes chargées de dattes, de sel, de gemmes, de gomme arabique…
Des huttes ont de drôles de formes... d'igloos !
Il nous montre ses trésors en nous contant l’histoire de cette époque glorieuse. Un moment émouvant. Puis on grimpe assister au coucher du soleil au sommet des dunes environnantes. Le ciel flamboie à l’horizon puis c’est l’extinction progressive des feux sur les ruines en pisé où la mosquée seule demeure dressée… Dans les ruelles ensablées, le lendemain, les femmes s’accrochent à nos pas pour nous proposer leurs beaux colliers de perles africaines. Nous ne résistons pas. Et c’est à nouveau la route avec, de chaque côté, des étendues où l’on peut encore trouver des vestiges préhistoriques : bifaces, pierres taillées, pointes de flèches… à ne pas ramasser. Dans l’oasis de M’Heireth, nichée au fond d’une vallée bordée de falaises de lave, les huttes aux toits de palmes plantées ici et là ont de drôles de formes d’igloos.

© Catherine GARY |

© Catherine GARY |
Tergit, dernière étape du voyage
Elles sont faites pour accueillir les familles quand arrive la récolte des dattes. Un vrai moment de fête. Plus loin, le relief devient impressionnant. Comme des îles dans un océan de dunes aux couleurs chaudes, des massifs tabulaires émergent en lignes parallèles sur fond de ciel d’un bleu imperturbable. Depuis la route, le spectacle impose un arrêt dans l’immensité silencieuse avant de poursuivre à travers un décor en cinémascope jusqu’à Tergit, la dernière étape du voyage. Ce petit paradis cache sa palmeraie entre deux hautes falaises. L’eau jaillit ici d’une source qui ne tarit jamais, même au plus chaud de la période sèche.
Le village et Palmeraie de Tergit |

©Serge KLEBAIRT |
Premier réflexe, déchausser ses pieds et s’immerger dans cette eau limpide et fraîche qui serpente à l’ombre des palmiers dattiers. Puis suivre le sentier contre la falaise moussue où l’au affleure… Le désert sait réserver ses surprises quand on ne l’attend plus. Une merveilleuse récompense pour ceux qui l’ont arpenté aussi dans ses austérités.
Précédentes destinations
|