Le diesel est-il vraiment « propre » ?
Les voitures roulant au gazole ont toujours la cote auprès des automobilistes qui avalent des kilomètres. Un véhicule roulant au gazole affiche en effet une meilleure autonomie qu’une voiture roulant à l’essence, et la consommation est souvent moindre. Même si le prix du gazole rattrape celui du sans plomb, celui-ci est toujours moins cher. Donc choisir un diesel est sûrement un bon plan financièrement, même si le véhicule est plus cher à l’achat.
En revanche, le diesel est un poison pour la couche d’ozone, dégageant en masse des hydrocarbures imbrûlés (goudrons) et des dioxydes d’azote (NOx) et ce malgré l’équipements des véhicules en pots catalytiques. Ces derniers sont conçus pour filtrer les goudrons mais pas les NOx et les microparticules produites par les diesels qui sont les plus dangereuses pour l’organisme. D'autre part, ces pots n’ont une efficacité qu’une fois le moteur chaud, c’est-à-dire à peu près un quart d’heure après le départ. En ville donc, rouler au gazole n’a rien d’une démarche citoyenne !
Le GPL, un oublié de l’écologie
On ne saura que vanter les mérites de ce carburant (mélange butane et propane que l’on retrouve emprisonné dans les gisements de pétrole) composé à 90% de méthane qui ne contient ni soufre, ni particules, ni benzène et ne rejette qu’une très faible quantité de monoxyde de carbone. Une véritable aubaine stimulée par un prix à la pompe attractif à environ 0,70 €/litre ! Or, le marché du carburant GPL peine cependant à décoller en France. Pire, il a même chuté dès 2002. Actuellement, seulement 150 000 véhicules sont équipés GPL pour 35 millions de voitures en France, alors qu’en Pologne, en Italie ou aux Pays-Bas, plus ou près de la moitié des automobiles sont équipées GPL. Et les stations services ne manquent pas en France : on en compte environ 2 000.
Le gaz naturel est le plus propre de tous les carburants actuels, diminuant de plus de 80% les oxydes d’azotes, et de 24% les émissions de CO2 par rapport à une voiture essence. Notons aussi les aides fiscales offertes à tout acquéreur d’un véhicule roulant au GPL : un crédit d’impôts de 2000 € si le véhicule produit moins de 140 gr/km de CO2 et dans certains départements, la délivrance gratuite de la carte grise. Puis, une des raisons majeures de la chute du GPL tient au fait que les constructeurs automobiles n’investissent pas assez dans la construction de voiture GPL
Le bioethéanol (E85), bon marché mais mal distribué
En quelques mots, le bioéthanol est un alcool éthylique produit à partir de plantes céréalières et sucrières. Il est appelé
E85 car constitué de 85% d’éthanol et de 15% d’essence classique. Particulièrement corrosif, le biocarburant n’est destiné qu’aux véhicules disposant d’une mécanique spécifique : traitement des joints et tuyaux, pompe renforcée, renforcement de le ligne d’échappement et du catalyseur, culasse renforcée, injecteurs et soupapes spécifiques, présence d’une sonde pour détecter la proportion d’éthanol, logiciel de contrôle du moteur.
De l’ordre de 0,85 € au litre (contre presque 1,50 € pour un litre de SP98), l’éthanol produit aussi 4 fois moins de gaz carbonique qu’un litre de carburant fossile et les émissions de CO2 sont deux fois et demi inférieures à celles d’un véhicule à essence. Problème : une voiture qui roule au bioéthanol (flexifuel) consomme 25% de carburant en plus, et ce fameux E85 est toujours aussi mal distribué.