Automobile
«Rouler propre»
UN CREDO TENDANCE…
Saab à la pompe
« Roulez propre, veillez au respect de l’environnement et à la protection de la planète », autant de conseils qui nous sont si familiers. Chacun adopte une attitude citoyenne mais est-ce donc la voiture qui pollue le plus ? Elle y contribue certainement. La rédaction vous livre le résultat de son enquête et de ses essais : Volvo C30 diesel ou flexifuel, Honda Civic Hybride et VW Passat « blue motion ». onglet lire la suite Par Corinne PRETEUR

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L
e meilleur compromis « écologie/confort/prix » revient certainement aux véhicules hybrides qui fonctionnent avec du sans plomb classique, mais les biocarburants méritent aussi qu’on s’y intéresse d’autant que les stations sont de plus en plus nombreux à proposer désormais l’E85. C’est le cas de Total, BP mais aussi des enseignes de la grande distribution comme Leclerc et Carrefour. Quant au diesel qui est le plus polluant, il est plus économique que le sans plomb et rappelez-vous que les représentants de commerce offrent à leur entreprise la possibilité de récupérer la TVA. A la longue, ça chiffre !

 
Le diesel est-il vraiment « propre » ?
Les voitures roulant au gazole ont toujours la cote auprès des automobilistes qui avalent des kilomètres. Un véhicule roulant au gazole affiche en effet une meilleure autonomie qu’une voiture roulant à l’essence, et la consommation est souvent moindre. Même si le prix du gazole rattrape celui du sans plomb, celui-ci est toujours moins cher. Donc choisir un diesel est sûrement un bon plan financièrement, même si le véhicule est plus cher à l’achat.

En revanche, le diesel est un poison pour la couche d’ozone, dégageant en masse des hydrocarbures imbrûlés (goudrons) et des dioxydes d’azote (NOx) et ce malgré l’équipements des véhicules en pots catalytiques. Ces derniers sont conçus pour filtrer les goudrons mais pas les NOx et les microparticules produites par les diesels qui sont les plus dangereuses pour l’organisme. D'autre part, ces pots n’ont une efficacité qu’une fois le moteur chaud, c’est-à-dire à peu près un quart d’heure après le départ. En ville donc, rouler au gazole n’a rien d’une démarche citoyenne !

Le GPL, un oublié de l’écologie

On ne saura que vanter les mérites de ce carburant (mélange butane et propane que l’on retrouve emprisonné dans les gisements de pétrole) composé à 90% de méthane qui ne contient ni soufre, ni particules, ni benzène et ne rejette qu’une très faible quantité de monoxyde de carbone. Une véritable aubaine stimulée par un prix à la pompe attractif à environ 0,70 €/litre ! Or, le marché du carburant GPL peine cependant à décoller en France. Pire, il a même chuté dès 2002. Actuellement, seulement 150 000 véhicules sont équipés GPL pour 35 millions de voitures en France, alors qu’en Pologne, en Italie ou aux Pays-Bas, plus ou près de la moitié des automobiles sont équipées GPL. Et les stations services ne manquent pas en France : on en compte environ 2 000.

Le gaz naturel est le plus propre de tous les carburants actuels, diminuant de plus de 80% les oxydes d’azotes, et de 24% les émissions de CO2 par rapport à une voiture essence. Notons aussi les aides fiscales offertes à tout acquéreur d’un véhicule roulant au GPL : un crédit d’impôts de 2000 € si le véhicule produit moins de 140 gr/km de CO2 et dans certains départements, la délivrance gratuite de la carte grise. Puis, une des raisons majeures de la chute du GPL tient au fait que les constructeurs automobiles n’investissent pas assez dans la construction de voiture GPL 

Le bioethéanol (E85), bon marché mais mal distribué
En quelques mots, le bioéthanol est un alcool éthylique produit à partir de plantes céréalières et sucrières. Il est appelé E85 car constitué de 85% d’éthanol et de 15% d’essence classique. Particulièrement corrosif, le biocarburant n’est destiné qu’aux véhicules disposant d’une mécanique spécifique : traitement des joints et tuyaux, pompe renforcée, renforcement de le ligne d’échappement et du catalyseur, culasse renforcée, injecteurs et soupapes spécifiques, présence d’une sonde pour détecter la proportion d’éthanol, logiciel de contrôle du moteur.

De l’ordre de 0,85 € au litre (contre presque 1,50 € pour un litre de SP98), l’éthanol produit aussi 4 fois moins de gaz carbonique qu’un litre de carburant fossile et les émissions de CO2 sont deux fois et demi inférieures à celles d’un véhicule à essence. Problème  : une voiture qui roule au bioéthanol (flexifuel) consomme 25% de carburant en plus, et ce fameux E85 est toujours aussi mal distribué.
 
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