Qu'est-ce qu'une avalanche ?
On distingue trois sortes d'avalanches selon le type de neige et les caractéristiques de l'écoulement.
L'avalanche de plaque. Elle est générée par la rupture et le glissement d'une plaque, souvent formée par le vent, sur une couche faible du manteau neigeux. La zone de départ est marquée par une cassure linéaire.
L'avalanche en aérosol. Une forte accumulation de neige récente, légère et sèche (poudreuse) peut donner des avalanches de très grandes dimensions avec un épais nuage de neige (aérosol), progressant à grande vitesse (100 à 400 km/h). Leur trajet est assez rectiligne et elles peuvent remonter sur un versant opposé. Le souffle qui les accompagne provoque bien souvent des dégâts en dehors du périmètre du dépôt de l'avalanche.
L'avalanche de neige humide. Lorsque la neige se densifie et s'humidifie sous l'action de la fonte, au printemps ou après une pluie, elle peut former des avalanches qui entraînent l'ensemble du manteau neigeux. Elles s'écoulent à vitesse lente (jusqu'à 20 km/h) en suivant le relief en ses points bas (couloir, ravin, talus...). Bien que leur trajet soit assez bien connu, elles peuvent être déviées par un obstacle et générer des dégâts dans des zones a priori non exposées.
Comment
prévoir... l'imprévisible
La neige, sur une pente qui n'est pas damée et qui frise les 30° d'inclination, n'a pas un comportement facile à comprendre. La plupart du temps, elle tient sur la pente mais, au passage d'un skieur, elle peut alors se mettre en mouvement vers le bas. C'est l'avalanche assurée.
Les chances de survie, en fonction de la durée d'ensevelissement de la personne dans une avalanche, sont environ de : 91% entre 0 et 18 minutes ; 34% entre 18 et 35 minutes ; 20% entre 35 et 120 minutes ; 7% après 140 minutes.
Les consignes générales s'appliquent et sont complétées par un certain nombre de consignes spécifiques au risque d'avalanche. Se tenir informé des conditions météorologiques et des zones dangereuses est, et reste, un acte citoyen. Ne l'oubliez pas. Pour attirer particulièrement votre attention, les responsables des domaines skiables mettent en place une signalitique qu'il est important de comprendre. C'est le cas pour les drapeaux.
Un drapeau jaune est synonyme de risque faible.
Un drapeau à damier noir et jaune signifie un danger d'avalanche sur la station (niveaux 3 et 4).
Un drapeau noir associé au précédent annonce
que le danger est généralisé (niveau 5). |
Site à consulter : www.avalanche-net.com |
L'indiscipline est synonyme
de danger de mort
Pour toutes sorties hors piste, il vaut mieux faire appel à un guide expérimenté afin de limiter les risques d'accidents. Photo : agence Canal Press |
Chaque année, de nombreuses personnes sont tuées par des avalanches lors de randonnées en montagne, dont un bon nombre sont largement expérimentées. Mais une grande expertise, si elle diminue notablement le niveau de risque, ne l'annule malheureusement pas.
" Faire la trace. Les adeptes des grands espaces vierges en rêves tous. Mais traverser ce désert blanc réserve parfois bien de désagréables surprises, notamment en terme d'avalanches " confie Jacques Baumelle, spécialiste de la haute montagne. "Aussi, avant de partir randonner, que se soit en ski ou à raquettes à neige, il ne faut pas négliger la toute première régle : consulter le dernier bulletin météo et s'adresser au bureau des guides pour s'enquérir de l'état du manteau neigeux. "
Car le risque d'avalanche est un problème de stabilité de ce fameux manteau neigeux. Pour faire simple, celui-ci est constitué de la superposition des différentes couches de neige qui recouvrent le sol. Et la stabilité de cet emplilement dépend de deux paramètres: d'une part, la qualité des liaisons entre les différentes couches et d'autre part, la qualité de liaison entre les grains de neige à l'intérieur de cette même couche. De plus, il évolue avec les conditions météorologiques du moment.
Le hors-piste : un milieu hostile
"Il n'y a pas de règle bien établie explique Jacques Baumelle. " Une pente qui comporte des traces de ski ne veut pas dire qu'elle soit sans risque. Le passage répété de randonneurs ou de skieurs peut en effet avoir fragiliser le manteau neigeux et le changement des conditions météorologiques ont pu transformer la neige . Sans oublier, et c'est important, que vous ne savez pas exactement à quel moment ces traces ont été faîtes, si elles datent du jour ou de la veille". Autre observation à faire: repérer les "montagnes qui fument". Ce phénomène est lié au vent qui balaye les sommets, générant ainsi des plaques à vent très instables et qui, sous l'effet de l'accumulation de neige, cèdent sans vous avertir.
Si vous avez décidé malgré tout de partir à la découverte des paysages fantastiques, il faut respecter quelques règles de base en matière de sécurité. Ne jamais partir seul. "En groupe, vous devez impérativement augmenter les distances entre-vous. En fonction de la situation, elle pourra être de 10 à 20 mètres, voire plus". En effet, l'avalanche déclenchée par le passage de plusieurs personnes est due à la surchage trop importante qu'elles imposent au manteau neigeux. Et Jacques Baumelle de poursuivre: "Dans les cas les plus critiques, il faut passer un par un dans la pente en question, et attendre les suivant dans un lieu sûr, en les surveillant".
Du moment que l'on quitte les les pistes balisées pour se lancer dans le hors-piste, on entre dans un milieu hostile. Mieux vaut donc être équipé pour en minimiser les conséquences. Pour votre information, une personne ensevelie sous la neige voit ses chances de survie évoluées très rapidement. Si après quinze minutes, elles sont de 95% environ, elles chutent à 25% au bout de trois quart d'heure. Inutile de préciser que les chances de survie sont minces avant que les secours arrivent sur les lieux de l'avalanche. Seule une assistance immédiate organisée par vos compagnons d'infortune garantit le maximum de succès, à condition bien sûr d'avoir eu la bonne idée d'emporter avec soi, un équipement indispensable: l'ensemble appareil de recherche de victime d'avalanche (ARVA)-pelle-sonde. |