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Numéro 48 - Du 27 juin au 10 juillet 2007
NATURE et ENVIRONNEMENT
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La Roseraie de l'abbaye de Valloire : un charme déconcertant
Les jardins de l'abbaye de Valloire

Lieu privilégié, choisi par les moines cisterciens dès le Moyen-âge, Valloire se situe en plein coeur de la Vallée de l'Authie. Cette vallée verdoyante, à la beauté sauvage, est un véritable écrin de verdure.

roses de noël
Situé à 15 minutes de la Baie de Somme, le jardin de Valloire est certainement le plus nordique des grands parcs botaniques français. Fondée en 1187 par Guy de Ponthieu, l’abbaye de Valloire fut en son temps, un haut lieu cistercien. L’ancien monastère a été reconstruit au XVIIIe siècle. L’abbaye fut classée monument historique en 1906, où l’on peut distinguer parmi les bâtiments le pigeonnier, le cloître et surtout la chapelle Louis XV (buffet d’orgues, boiseries du baron Pfaffenhofen et splendides ferronneries).

Outre ses richesses architecturales, cette abbaye possède l’un des plus magnifiques jardins. Il occupe une superficie de 7 ha avec un dénivelé de 25 mètres entre la partie la plus haute et la partie la plus basse. La partie centrale est occupée par un jardin très strict d’inspiration « jardin d’Abbaye » devant la façade ouest du monument. Il est composé d’une roseraie de variétés anciennes (200 rosiers en collection), associées à de « simples » plantes médicinales, condimentaires et mêmes légumes présentés en carrées de 5 x 5 m, tels que les Cisterciens concevaient le tracé du jardin.

Une renommée due à la roseraie
Avec plus de 5 000 espèces et variétés de plantes, les Jardins de Valloire présentent ainsi l'une des plus importantes collections d'arbustes en France. Ces végétaux sont majoritairement originaires de Chine et du Japon.  Ils ont tous la particularité d'être résistants au calcaire, puisque le pH du sol des Jardins de Valloire dépasse les 8,5. Sa renommée est largement due à son immense roseraie, qui rassemble entre autre, une très importante collection de roses anciennes et sauvages.

« La classification des rosiers et roses est assez difficile. Plus encore celle des variétés anciennes, non pour leur diversité, mais pour leur définition, précise l’un des responsables. Les plus anciennes étant les botaniques telles les sauvages, Gallicas, Damas, Chinensis, etc... et les moins anciennes pouvant comprendre les rosiers pour certains devenus rares comme les premiers hybrides et polyanthas ». ll semble que la première espèce cultivée en France ait été la rose de Provins où la

(R gallica), dont on dit qu'elle aurait été rapportée en 1234 de Syrie par Thibault IV le Chansonnier, comte de Brie et de Champagne. Mais il est probable que cette rose existait déjà en France bien avant les croisades. La plupart des autres roses sont arrivées beaucoup plus tard, notamment au XVIIIe siècle, à la suite des voyages des botanistes européens en Asie. On n'oubliera pas enfin que l'églantier sert de porte-greffe à la plupart des rosiers actuellement cultivés.

Un horticulteur de talent  Gilles Clément, mais qui est aussi paysagiste, écrivain, jardinier et  enseignant à l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage à Versailles,  a apporté à ce lieu tout son savoir-faire : un jardin au dessin parfait, qui épouse  la nature environnante et qui se veut résolument pédagogique. « Je me vois comme un jardinier, avoue-t-il en toute humilité. L'avenir est sur cette justesse du regard, sinon le jardinier ne peut obtenir ce qu'il escompte le plus. Des fleurs, des fruits, des arbustes, des animaux … ».

Immersion dans des champs de fleurs
Contrairement aux plasticiens, géographes et autres urbanistes qui n'en ont pas la nécessité parce qu'ils tirent des plans, travaillent dans la forme, il oeuvre sur la partie vivante de la nature.  Les Jardins de Valloire créent régulièrement de nouveaux massifs chaque année. Gilles Clément intervient donc pour de nouveaux aménagements. Il a réalisé en 2002, l'un des massifs les plus original à Valloire : Le jardin de l'évolution qui dévoilent les grandes étapes de l'évolution des plantes depuis 3 milliards d'années.  

Le principe ? Les visiteurs commencent leur visite dans le jardin des origines qui présente les premières plantes terrestres : mousses, lichens, fougères et prêles. Puis en empruntant l'escalier de l'évolution, ils découvrent les premiers grands arbres inventeurs de la graine (conifères et Ginkgo). Ils sont immergés dans de grands champs de fleurs de plus en plus perfectionnées (Magnolias, renoncules, marguerites, graminées). Enfin, une série de fresques explique le perfectionnement des végétaux dans leur développement et leur reproduction.
onglet lire la suite Texte Pascal LEVANT - Photo : Henry SALAMONE



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