Point de départ et d'arrivée
Thueyts
Distance : 8 kilomètres
Dénivelé : 190 mètres
Durée : 3 heures
Difficulté : moyenne
Période : à partir du printemps
Equipement conseillé : chaussures tige haute
Balisage : jaune et blanc
Carte IGN : Top 25 N° 2837 OT Lac d'Issarlès-Thueyts.
Accès : depuis Aubenas, suivez la N102 en direction du Puy pendant 20 kilomètres. A Thueyts, vous pourrez stationner votre véhicule sur la place du Champs de Mars.
Renseignements : OT de Thueyts : 04 75 36 46 79
Randonnée pédestre
Entre coulées basaltiques et châtaigniers
Le Pont du Diable enjambe la rivière Ardèche. Selon la légende, il fut construit sous l'inspiration du diable pour la perdition des âmes des belles filles de Thueyts.
Au pied de la Montagne ardéchoise, la Haute Cévenne est le domaine des volcans ou les feux souterrains du quaternaire ont laissé d'énormes coulées de laves, parfois entaillées par l'eau tumultueuse. L'une des coulées basaltiques les plus hautes d'Europe est située à Thueyts, point de départ et de retour de cette randonnée hors du temps.
Pour les randonneurs, les cavaliers ou les vététistes, l'Ardèche est un extraordinaire terrain de jeu, avec ses paysages sauvages et sa nature préservée. La randonnée que nous vous proposons n'échappe pas à la règle. Suivez le guide !
L'itinéraire : A Thuyets, il faut suivre l'allée principale du parc du château de Blou et traverser le parking : nous sommes sur la nationale. De là, on prend à gauche pour descendre immédiatement l'insoupçonnable petit sentier. Dix mètres avant la station d'épuration, celui-ci plonge encore vers le pont de l'Apic. Le sentier suit alors le cours du Merdaric et descend à nouveau vers la Gueule d'Enfer, la Chaussée des Géants, le pont du Diable... De quoi réveiller en nous tout un univers fabuleux rempli de monstres, de princesses et de princes !
Le chemin, avec son pavage inégal poli par des générations de galoches, de sabots et de chaussures de randonnée, se fait complice. Il nous conduit hors du temps, au pied d'un mur de basalte gris bleu, entre des terrasses minuscules dont l'une offre une vue saisissante sur la Gueule d'Enfer. C'est là que le Merdaric se jette dans le vide, se divise en cascades étagées sur près de cent mètres et reprend son cours, invisible sous l'entrelacs des acacias, des chênes verts et des frênes.
Une légende tenace !
De retour sur le sentier, au fil de la descente, la coulée basaltique apparaît peu à peu dans tout son gigantisme : 80 mètres de hauteur en moyenne. De quoi vous donner le vertige. En atteignant la draille, chemin de transhumance qui démarre au pied de cette Chaussée des Géants, nous nous sentons tout petit face à cette nature, presque soulagés de s'éloigner. Le chemin rejoint alors la route qui, prise à droite, mène au pont du Diable. Il franchit d'une seule arche la rivière Ardèche. Faute de documents ou d'archives, on ne peut dater avec exactitude sa construction. D'où ce nom... Enfin, peut-être... Ne raconte-t-on pas que le diable aurait construit cet édifice pour permettre aux amoureux d'abriter leurs liaisons clandestines de l'autre côté de l'Ardèche ?
Nous poursuivons notre randonnée en attaquant la montée vers Fargebelle. Passés le pont, nous laissons donc la rivière. Vingt mètres plus loin, le sentier part à droite pour monter en lacets à travers une forêt de châtaigniers. La pente devient suffisamment forte pour que nous puissions apprécier l'ombre. Le buis, le genêt et le houx rivalisent de verts sombres, tranchant avec le tapis roux des feuilles mortes. Par endroits, plus secs, le serpolet se laisse repérer à son parfum. Ici, la nature s'exprime.
Le chemin monte toujours, moins pentu, ce qui permet de souffler un peu. Une halte et une gorgée d'eau offrent un moment de récupération avant de poursuivre notre chemin. Bordé de bruyères et de fougères, il traverse un ru à sec et retrouve la fraîcheur du sous-bois. Une énorme ornière attire notre attention. Elle indique qu'un sanglier vient de refaire, à sa façon, le sentier ! A quelques pas de là, la réplique plus petite du Pont du diable, en bien triste état, enjambe le ruisseau de Fargebelle. L'ascension vers le hameau redevient alors plus pénible. On devine au détour d'un virage d'abord une première maison, enfouie par la végétation. Puis, une seconde et une troisième. Une arche écroulée, un linteau à terre, une fenêtre à meneau ne s'ouvrant plus que sur quelques pierres, vestiges du passé...
La nature à repris ses droits
Un tableau bouleversant car il y a peu de temps, quelques dizaines d'années au plus, un village XIVe siècle était vivant, opulent et plein de vie. Aujourd'hui, c'est un paysage où la nature a repris ses droits. Nous n'avons pas le coeur d'immortaliser cette mort avec notre numérique. Bien évidemment, nous vous conseillons de ne pas essayer d'y pénétrer, car les risques d'éboulements sont trop importants.
Une piste cimentée amorce la descente et, cinquante mètres plus bas, rejoint le sentier qui oblique légèrement sur la gauche. Nous traversons encore une châtaigneraie, une lande de genêts et d'alisiers pour regagner la fraîcheur d'un sous-bois de châtaigniers en terrasses.
Après quelques minutes de descente, non loin d'une ancienne clède, sorte de grange où l'on faisait sécher les châtaignes, un panneau indique la direction de la Vernède et de l'échelle de la Reine. Après un dernier regard sur le panorama splendide qui s'offre à nous, on descend jusqu'au pont avant de remonter vers Thueyts par cette fameuse échelle de la Reine, vaste escalier de deux cent quinze marches, construit à flanc de paroi basaltique. Pour un dernier frisson...