UN PATRIMOINE EXCEPTIONNEL S’il est une région qui peut s’enorgueillir de ses villages à l’architecture préservée, c’est bien l’Ardèche. Véritable kaléidoscope géologique, ce territoire tire de la richesse de son sous-sol tantôt le granit des monts du Vivarais, tantôt le schiste et le basalte des montagnes cévenoles, tandis que le calcaire éblouit de sa blancheur la garrigue du sud, proche des célèbres gorges. Depuis des millénaires, les hommes ont puisé ici les ressources de leurs terres pour édifier châteaux et demeures magnifiquement intégrés dans un environnement naturel de toute beauté.
Accrochés à la montagne, dominant les collines ou blottis dans les vallées, les villages ardéchois ont l’âme médiévale, le cœur authentique et cultivent avec passion le goût de leurs traditions. Ruelles étroites pour protéger les habitants des hivers rudes, bâtisses imposantes aux larges murs de pierres et toits de lauze qui auraient tant à raconter, arcades ombragées, escaliers et rampes empierrées, ces villages sont de pures merveilles et méritent toute l’attention. Ils ne sont pas moins d’une quarantaine sur le seul département de l’Ardèche et seize d’entre-eux se sont déjà regroupés autour d’une charte de qualité appelée Villages de caractère pour mieux vous accueillir. De Chalencon à Saint-Montan, en passant par Antraigues, Balazuc, Alba la Romaine ou encore Labeaume, vous n’aurez que l’embarras du choix pour organiser votre séjour en Ardèche, terre d’histoire et d’authenticité.
Chalencon, fleuron du Vivarais
A 700 mètres d’altitude sur le flanc d’un cône rocheux,
Chalencon est le fleuron du Vivarais, accessible depuis Tournon et Lamastre. Tour à tour Oppidum gaulois puis garnison romaine, Chalencon fut une baronnie du Vivarais dès le Xe siècle dont l’âme de sa plus célèbre baronne Diane de Poitiers (favorite du roi Henri II) flotte encore. La visite de Chalencon nous laisse imaginer que le bourg, situé au carrefour de quatre grands axes, était un point stratégique pour le commerce où foires et marchés s’installait régulièrement sur la place du Valla, située à l’entrée de la porte de Besse, magnifique édifice du XIIe siècle qui abrite aujourd’hui la
maison d’hôtes de Sylvie et Philippe Cholatparticulièrement convoitée.
On s’attardera sur la rue Royale avec ses fenêtres à meneaux, ses pierres armoriées, ses mesures à grain, sa mystérieuse tour carrée, sur le temple protestant (admirez la Chaire du Désert à l’intérieur) et l’église catholique qui témoignent des conflits religieux. Ne manquez pas de rendre visite à l’artiste-chromaticien
Didier Michel qui a installé son atelier dans l’ancien couvent des sœurs de Nazareth. Sa spécialité : peindre les notes chromatiques du vin sur des « corks » ou écorces de chêne liège. Faites aussi un détour par l’office du tourisme qui abrite un écomusée digne d’intérêt et offrez-vous la visite du village, guidée par Eliane, la dynamique maman de Sylvie Cholat.
Labeaume, berceau du prestigieux
Festival de Musique Classique
C’est l’heure du déjeuner. On croise des randonneurs venus se détendre au bord de la rivière à deux pas du curieux pont submersible défiant les eaux capricieuses de la Beaume. Sur la place du Sablas, on se pose volontiers à l’ombre des platanes centenaires sur la terrasse du Bistrot du Pays pour y déguster une spécialité locale. L’air sent bon le thym, la sarriette et le laurier. Seul le chant des cigales vient troubler le murmure de la fontaine. Labeaume est un étonnant village des contreforts des Cévennes, entouré de falaises et de rochers aux formes
tourmentées avec ses ruelles et ses maisons de pierres où la vigne vierge et la glycine sont les héroïnes végétales. Un tel décor respire la poésie et invite à la flânerie. L’architecture de Labeaume nous apporte une indication sur le caractère médiéval du village érigé à partir du XIIe siècle puis transformé en comté par François de Beaume au XVIIe. A l’époque de gloire de l’industrie de la soie, Labeaume était un haut lieu de l’élevage des vers à soie avec la présence des mûriers centenaires toujours vivaces.
Mais chaque été de la mi-juillet à la mi-août, Labeaume devient le théâtre grandeur nature à ciel ouvert de l’un des plus prestigieux festivals de musique classique. Pour sa 10e édition en 2006, Barbara Hendricks a fait revivre les œuvres de Beethoven, Fauré et Malher lors d’un concert d’exception dans un cadre grandiose. Concert à partir de 10 € (gratuit pour les enfants).
Ruoms, capitale des vignerons ardéchois
On quitte Aubenas puis Joyeuse et son musée de la châtaigneraie pour rejoindre le sud de l’Ardèche et ses gorges au départ de Vallon-Pont-d’Arc. Un village nous sourit, berceau de Vinimage et des vignerons ardéchois :
Ruoms. Fondé au Xe siècle autour d’un prieuré bénédictin dépendant de Cluny, le cœur historique de Ruoms se forme au départ de l’église et de la chapelle Notre Dame des Pommiers. Au XIVe siècle, des remparts dotés de tours rondes furent érigés pour protéger la ville pendant la guerre de cent ans.
Une douzaine d’édifices et maisons classées font la fierté des habitants de Ruoms, parmi lesquelles la Maison dite des Gardes avec sa fresque du XVe représentant Saint Christophe traversant une rivière en portant l’enfant Jésus sur ses épaules. Patron des voyageurs (ou des mourants), Saint Christophe fut particulièrement vénéré pendant la Peste Noire.
La Maison des Gardes est l’une des mieux conservées du vieux village avec une porte en ogive et une fenêtre à double pilastre datant du XIIIe siècle. Vous attacherez une attention particulière à la Porte Saint Roch, elle aussi du XIIIe siècle donnant accès au prieuré Saint-Pierre créé en 994. Procurez-vous à l’office du tourisme le guide de visite du vieux Ruoms qui vous aidera dans votre découverte patrimoniale.
Ruoms est aussi réputé pour sa roche calcaire utilisée pour la construction de nombreux monuments et ouvrages d’art mais aussi pour ses vins, berceau de la plus grande coopérative viticole d’Ardèche. Nous vous invitons à découvrir
Vinimage, pour un voyage à la fois ludique et éducatif dans l’univers des vins d’Ardèche. Particulièrement animé aux beaux jours par la proximité des quatre rivières (l'Ardèche, la Beaume, la Ligne et le Chassezac) aux activités multiples, Ruoms est aussi le point de départ de nombreux circuits de randonnées au cœur d’une nature à l’atmosphère méridionale.