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Numéro 41 - Du 21 mars au 3 avril 2007
DU COTE DES STATIONS
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Authentique
Les Saintes-Maries-de-la-Mer

roulotte gitane aux Sainte-Marie de la mer

Le pélerinage gitan attire chaque année au mois de mai des milliers de fidèles qui se déplacent pour la plupart dans de très belles roulottes. Une cohabitation qui s'effectue dans le plus grand respect avec les Saintois qui, pour leur part, sont restés fidèles à leur terre et à leurs traditions gardianes. Photos : Agence CANAL PRESS

traditions camarguaise

 
Légende, tradition et culture restent profondément ancrées en ces terres camarguaises. Les Saintes-Maries-de-la-Mer, malgré un tourisme de plus en plus présent pendant les périodes estivales, a su préservé l'essentiel : l'authenticité.

Pour apprécier les Saintes-Maries-de-la-Mer, il faut arriver par la route longeant le petit Rhône. On découvre la ville sous son meilleur profil, avec son clocher ajouré. Mais avant de pénétrer dans cette cité camarguaise, une courte pause s'impose, ne serais-ce que pour observer ici et là les maisons de plein pied des gardians, chaulées de blanc et couvertes de chaume. Derrière celles-ci, un étang accueille une petite colonie de flamands roses alors que plus loin dans un pré, chevaux et taureaux cohabitent dans une nonchalence déroutante. La vie s'écoule, paisiblement sous un soleil radieux...

Une ville fondée sur une légende
Selon la légende, en 42, les infidèles se saisirent de Marie de Béthanie, de son frère Lazare le ressuscité, de sa sœur Marthe et les embarquèrent au port de Joppé sur un bateau sans voile ni rame, comme dit la tradition provençale, ou selon la coutume de l'époque, sur un navire de lignes régulières, en donnant aux marins la mission de les déposer sur quelque lointain rivage d'où ils ne puissent revenir. Plusieurs disciples vinrent partager leur sort : Marie Jacobé, Marie Salomé, Maximin, Sidoine l'aveugle  et Joseph d'Arimathée qui, selon les écrits, avait emporté la coupe avec laquelle Jésus Christ célébra sa dernière Cène et dans lequel il recueillit son sang sur le calvaire : le calice du Saint Graal.

Après de longues semaines de mer, la barque vint aborder dans le delta du Rhône sur une plage. C'est de là que la ville les Saintes-Maries-de-la-Mer tire son nom. Cela dit, à cette époque là, le niveau de la mer recouvrait les Saintes-Maries-de-la-Mer ! Sainte Sarah, servante des Saintes Maries aurait été aussi du voyage mais il existe une controverse à ce sujet, certains sources disent qu'elle habitait en Camargue et qu'elle a assisté les Saintes Maries après leur arrivée. Seules resteront sur place Marie Salomé, Marie Jacobé et Sarah. Elles y moururent et l'endroit où elles seront ensevelies deviendra un important lieu de culte et de pèlerinage chrétien ainsi qu'une halte sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Un lieu vénéré par les gitans
Si l'animation se créé les beaux jours venus autour du port de plaisance, le coeur du village qui prendra définitivement son nom des Saintes-Maries-de-la-Mer en 1838, reste incontestablement l'église, véritable forteresse dominant les petites maisons blanches couvertes de tuiles rousses. L'église telle qu'elle se dresse aujourd'hui date des XIe et XIIe siècles, les deux dernières travées ayant toutefois été refaites en partie au milieu du XVIIIe siècle. Le clocher a subi de son côté de nombreuses réfections, l'actuel datant de 1901. C'est environ au XIIe siècle que ce nom se transformera en Notre-Dame-de-la-Mer. Lieu privilégié des Roms, Manouches, Tsiganes et Gitans, ils viennent des quatre coins d’Europe et même d’autres continents pour vénérer leur Sainte, Sara la Noire. Ce pèlerinage est l’occasion pour la plupart des enfants d'être baptisés dans l’église des Saintes. La statue de Sara se trouve dans la crypte de l’église, à droite de l’autel, revêtue de robes multicolores et de bijoux. 

Une cité immortalisée par Van Gogh
Les Saintes-Maries-de-la-Mer a vu défiler dans ses ruelles et sur ses plages désertiques des écrivains et des artiste peintres parmi lesquels Vincent Van Gogh. De son séjour d'une petite semaine aux Saintes-Maries, l'artiste rapportera six peintures à l'huile et presque une vingtaine de dessins représentant des vues du village, des barques et des cabanes couvertes de sagne. Il n'y a pas longtemps encore, le village avait peu de maisons construites en dur. Les habitations étaient principalement des cabanes au toit de chaume surmonté de la croix protectrice. L'aménagement en était simple et rustique. La population, composée essentiellement de gardians et de pêcheurs vivait simplement dans ce pays rude et généreux. La chasse, la pêche, la cueillette et le travail dans les manades étaient les principales ressources des Saintois. Aujourd'hui, le petite cité est largement tournée vers le tourisme et le pèlerinage accueille chaque année une foule plus nombreuse. Riche de son passé, elle reste gardienne de ses traditions. SIGNATURE Delphine DELRIEUX
Renseignements : Office du tourisme : www.saintesmaries.com


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